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BILAN HOLLANDE : À fond dans le mur



C’est en pleine canicule, entre deux regards discrets sur les seins des jouvencelles plagistes, que notre ami Flamby, a probablement fait le bilan de sa gouvernance, influencé par le passage de la barre des 100 jours, marque symbolique, qu’un gros con de journaliste a, un beau jour d’inspiration, décidé qu’elle existait et qu’il fallait faire des bilans à ce moment-là. Avant la rentrée et les bonnes nouvelles dans nos boîtes aux lettres, on vous propose un petit retour sur ces 100 jours normaux.

Premier changement normal, notre fabuleux président s’est fait prendre en photo devant l’Élysée. C’est à ça qu’on reconnait un grand président, savoir donner de l’importance aux petits bonheurs quotidiens. Après ça, ben pas grand-chose en fait. Oui, c’est à ça qu’on reconnait un président normal, comme monsieur tout le monde qui prend six mois pour réparer la porte du garage, Hollande prend son temps pour faire le changement. Ouf, nous voilà rassurés, pendant un moment on a cru que le changement n’aurait pas lieu. Après ça, le changement se fait de la plage, car Hollande ne fait pas retoucher ses photos de vacances, lui. Plus normal que jamais, Flamby n’hésite pas à exhiber sa plastique de français moyen, rougeaud et affublé de son bob Ricard, dans sa petite chaise de plage, pendant que Bobonne lui passe de la crème solaire. Le farniente normal. Pendant ce temps, il oublie qu’il est président et laisse ses ministres faire n’importe quoi. Contrairement à son prédécesseur qui pensait pour ses clones, Hollande les laisse libres, mais un peu trop. Pendant que Taubira veut libérer les taulards, Valls va faire le cowboy dans les cités d’Amiens entre deux expulsions normales et humaines de Roms. Il n’y a pas si longtemps, Duflot parlait de légaliser les pétards, maintenant c’est Le Guen qui parle de centres d’injection de drogues dures, alors que le reste du gouvernement prône la tolérance zéro. Bref, c’est un peu confus tout ça, mais c’est normal, comme un dimanche chez monsieur tout le monde, le tonton policier facho et la nièce altermondialiste à sciences-po se jettent le poulet frites à la gueule. Pour ce qui est de l’économie, malgré la bonne volonté de Montebourg, on attend encore les solutions, mais tout va bien, Moscovici a baissé l’essence de 3 centimes, ça change tout 3 euros sur un plein. L’augmentation du SMIC s’élevait à 2%, avec un peu de chance les taxations des transactions financières seront à 4%. Fabius aussi veut faire plein de trucs pour sauver la Syrie et il le dit et le répète, il peut le faire. C’est ça le changement normal, comme Monsieur tout le monde quand il remplit sa grille euromillions, sa volonté de gagner est super sincère, malheureusement quand il consulte ses gains, il lit 0, comme le chiffre de la croissance française. Mais rassurez-vous, on augmente le nombre de policiers, on va passer au moins à 2% comme le smic, et on vous raconte même pas les bienfaits sur l’éducation, la priorité prioritairement prioritaire du gouvernement. Quand on pense que des mauvaises langues disent qu’on va droit dans le mur !

UMP : ta gueule, je m’oppose

Nos supers zéros de la droite ne se sentent plus pousser des ailes devant ce fiasco, en oubliant qu’ils étaient au pouvoir juste avant et que leur bilan prouve surtout le bon fonctionnement de leur intestin grêle. Fillon, dans un élan de théomorphisme s’est vu offrir une colonne au Figaro pour critiquer le pouvoir PS, lui qui a ruiné la France en donnant aux milliardaires. C’est un peu comme demander une analyse de texte de Nietzche à un candidat de secret story. Ciotti, Bertrand, Chatel, Copé, etc., chacun y va de son petit commentaire, imaginant sûrement que leurs lumières en feront le prochain président de la république. Mais surtout, il est difficile de voir autre chose que le combat Fillon versus Copé et leurs ridicules tentatives de prétendre incarner deux visions de la droite, tout en se réclamant les héritiers du bilan Sarko. Vu la gueule du bilan, il y a vraiment pas de quoi se la péter.

Mélenchon, lui, est en pleine forme depuis son retour de vacances au Venezuela, il le fait sûrement exprès pour qu’on lui tape dessus, il aime bien faire sa victime. À peine rentré, qu’il attaque ses anciens collègues du PS. Des critiques excessives et poussives, ce n’est pas nous qui nous permettrions de dire que le gouvernement ne fait rien que du vent ou que Valls fait du Sarkozy. Plus sérieusement, et pour nuancer nos propos, on ne reproche pas au premier flic de France de critiquer les dérives des émeutiers, mais d’oublier que la BAC se permet elle aussi des grosses dérives, source des émeutes qui en découlent. Valls fait du Sarkozy, répressif et unilatéral, c’est un fait. Quant aux Roms, il ne suffit pas d’une mesurette pour faciliter leur accès à l’emploi, pour justifier la destruction systématique de leurs campements et de continuer à les persécuter. Miser sur leur insertion et sur les abus des magnats de l’immobilier pour les loger, serait une politique de gauche. Enfin, on voit bien que Hollande a relancé la machine et veut s’attaquer au chômage et à l’éducation, le problème c’est le côté coup de peinture sur un immeuble en ruines et que l’immeuble est grand, la peinture va coûter cher. Faut croire que, finalement, Mélenchon a encore raison, mais c’est le vote utile qui gagne toujours à la fin.

Les autres leaders de l’opposition, eux, ont dû se noyer dans une étendue d’eau, ou brûler dans un incendie, ce qui est fréquent en période estivale, à moins qu’ils n’attendent 2017 pour l’ouvrir, espérant être les prochains leaders de cette hécatombe mondiale, bon courage.

samedi 1er septembre 2012