O'zons

DJANGO UNCHAINED/ THE DARK KNIGHT RISES



Django Unchained

(USA, 2013) De Quentin Tarantino, Avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Di Caprio, Kerry Washington, Samuel L. Jackson. Deux ans avant la guerre de sécession, l’épopée d’un esclave devenu chasseur de prime, organisant avec son ami et libérateur, une mission d’infiltration afin de libérer sa femme. On craignait de voir Tarantino se noyer dans ses influences, (Sam Peckimpah, Sergio Corbucci et surtout Sergio Leone), pourtant c’est un western bien personnel qu’il nous livre. Malgré les hommages appuyés et la difficulté de renouveler le western, Tarantino, choisit un angle lui permettant de sublimer un genre archi balisé. L’esclavage, d’une part, dans toute son horreur, sa violence physique, son immoralité, son réalisme historique. L’humour d’autre part, comme moyen de désamorcer l’insoutenable, comme toujours chez Quentin, mais aussi comme fin en soi, par pur plaisir, pour rythmer les dialogues. Mais on se doute bien qu’avec un tel sujet, à moins de tomber dans le pire cynisme (qu’avait pressenti Spike Lee, d’où polémique), l’humour va se faire plus rare, pour revenir à l’intensité dramatique et à l’action. C’est ce dosage parfait qui fait la réussite du film, quand on y ajoute des plans sublimes, des acteurs incroyables, la puissance de la réflexion sur le racisme et la maestria avec laquelle Tarantino nous embarque, joue avec nos nerfs et nos émotions jusqu’à la dernière seconde, on sait qu’on regarde un chef d’œuvre du cinéma.

The Dark Knight Rises

(2012, USA) De Christopher Nolan, Avec Christian Bale, Gary Oldman, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt, Anne Hathaway, Marion Cotillard, Morgan Freeman, Michael Caine. 7 ans ont passé, depuis la mort de Harvey Dent et l’accusation de Batman. Une nouvelle menace terroriste pousse Bruce Wayne à ressortir son armure de chauve-souris. Le dernier volet de la trilogie de Nolan s’emboîte parfaitement dans le canevas initié avec Batman Begins et prolonge son thème du héros tombé qui se relève, jusqu’à son paroxysme visuel : le parallèle entre sa chute, enfant, dans la caverne des chauves-souris et l’ascension de la prison. Mais au-delà du personnage, Nolan s’attache à refléter notre société et à s’interroger sur son bien-fondé. Par le biais de Bane, on poursuit la logique anarchiste du Joker, vers un socialisme à la Proudhon, radical. Nolan, même si ces idéaux sont dans le camp des méchants, parvient à insuffler une réflexion politique à Batman, qui semble résolu à perpétrer un système inégalitaire au nom de l’ordre.

Enfin, au-delà de son thème, ce Dark Knight reste un film d’action bien carré, encore parsemé de plans vertigineux dont Nolan a le secret. On regrettera néanmoins, une perte de vitesse par rapport au précédent, plus complet et plus réaliste. Malgré quelques invraisemblances et certaines scènes moins mémorables, on baigne dans le bon cinoche, et dans le chef d’œuvre, quand on prend la trilogie dans son ensemble.

dimanche 27 janvier 2013