O'zons

Nouvelle Tare… t’ à la crème.



On ne sait pas vraiment pourquoi faire, (en fait, si) mais la Nouvelle Star est de retour sur D8, alias Canal + sans décodeur avec huit ans de retard. Le télé-crochet vedette de M6 se refait une jeunesse, pour le meilleur, mais surtout pour le pire. La Nouvelle Star avait un avantage par rapport à ses concurrents : une exigence de qualité, dans les performances des candidats et la programmation musicale. Mais ça c’était avant la baisse d’audimat, incitant M6 à tirer la chasse, pardon, un trait sur l’émission. Ce coup-ci plus question de candidats incroyables, chantant des chansons connues uniquement des critiques musicaux de Technikart et d’Ariel Wizman. Non, ce coup-ci il faut simplifier pour la ménagère de moins de cinquante notes de musique, il faut du commercial. Résultat improbable, la programmation finit par ressembler à celle de la dernière saison de la Star Academy sur TF1, quand elle voulait ressembler à la Nouvelle Star, justement. Vous suivez ? Non ? Bon, je vais simplifier, histoire de redescendre à votre niveau de pauvres mortels, oui je sais je suis trop bon. En gros c’est simple, La Nouvelle Star passait du tube de qualité (relative, on parle de Pop quand même) et maintenant, on fait chanter du Jean-Luc Lahaye, (débarquez-le, par pitié) à la meilleure candidate sacrifiée par le public de sourds. Julie, c’est son nom, comme tous les candidats très bronzés, ne sera pas la nouvelle star. Vocalement, elle oscille entre Tina Turner et Aretha Franklin, mais la prod’ a préféré lui faire chanter de la chanson française et de la House Music. On aurait choisi Sophie-Tith, jeune et fraîche pucelle, acceptant tout ce qu’on lui propose sans rechigner, parfaite pour faire un disque jetable et oubliable en deux mois ? Non, voyons ! Après tout, Julie, comme tous les bons chanteurs éliminés avant le premier direct, évite de finir comme Amandine Bourgeois, chanteuse à la Janis Joplin sacrifiée sur l’autel de la merde radiophonique bien de chez nous, trois notes et un « lalala », clonable à l’infini.

Cette saison de la Nouvelle Star est une arnaque fantastique, où les pires conneries peuvent être déclamées par un jury d’acteurs en pleine méthode Coué, un peu honteux de toucher un salaire de ministres magouilleurs pour assassiner la musique. Manoukian : « c’est l’antichambre de l’Olympe » carrément, ce sont des dieux, « C’est de la country » en parlant de « Are you gonna be my girl » de Jet, (du rock), ah la gueule des spécialistes… Pas mieux pour Olivier Bas qui croit vraiment que Coldplay est un groupe de Heavy Metal et que le chanteur est son meilleur ami, ni pour Maurane qui pense que le rock est une musique triste et sombre. C’est sûr qu’à côté de la soupe qu’elle chante, on est dans le macabre. Sinclair sauve l’honneur une fois de temps en temps, en mettant des rouges aux candidats pas vraiment transcendants, qui seraient sûrement meilleurs s’ils choisissaient ce qu’ils chantent. Mais le must de la connerie revient à la prof de chant, s’extasiant « il peut le faire » en écoutant Philippe monter dans la gamme. Genre, il est chanteur et il sait faire un do dièse : incroyable, il chante toutes les notes, waouh, quel talent ! Si on écoute tous ces mythomanes vendus, les candidats chantent tous mieux que Pavarotti, jouent mieux de la guitare que Jimi Hendrix et sont des bêtes de scènes à ridiculiser James Brown. C’est rassurant d’apprendre par des vrais professionnels de la musique qu’on regarde une émission de telle qualité, parce qu’on en a douté pendant quelques secondes.

dimanche 3 mars 2013