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JUDAS PRIEST Redeemer Of Souls

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https://www.youtube.com/watch ?v=ss5uhrzXI-s

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Au-delà des clichés sempiternels sur le Heavy Metal, il existe des groupes légendaires, pionniers et musiciens accomplis. Judas Priest en fait partie. Depuis les années 70, ne cédant pas aux modes et aux sirènes de la variété rock (bien qu’ayant navigué entre Progressif et Speed Metal). Les anglais ont transformé les bruits de l’usine en musique, devenant ainsi les détenteurs du son typique du Heavy,(amorcé par Black Sabbath) contraste parfait entre lourdeur de basse et matraquage de batterie, entre fulgurances électriques en duo et mélodies déchirantes. Après une envie de raccrocher les guitares et le départ du mythique gratteux en staccato Kenneth Downing, l’arrivée du jeune (36 ans) et talentueux Richie Faulkner, semble les avoir remotivés. Le résultat est là, le son mythique des prêtres du métal n’a pas pris de rides et, comme à leur apogée, Glenn Tipton enchaîne les accords entêtants, inspirés comme aux débuts du groupe. Mais combien de cordes a sa guitare ? Battle Cry, Sword of Damocles, Down In Flames, Halls of Valhalla, et le morceau titre, autant de riffs parfaits, de mélodies travaillées, de soli nerveux et de souffle épique qui règne sur cet album. Des textes pas aussi crétins qu’ils n’y paraissent, portés par un Rob Halford, certes un brin défaillant dans ses aigus (normal : 63 ans), mais dont les capacités lyriques surpassent de loin tous les chanteurs français, naturellement et pas que. Derrière les paroles grandiloquentes teintées de fantastique et de références bibliques, Halford mène un combat : celui de la reconnaissance du Metal dans la société et en tant que musique (et peut-être indirectement pour l’acceptation de son homosexualité). Combattus par l’Église, alors que le nom Judas Priest dénonce les faux dévots (référence à Bob Dylan), par la société américaine (ayant mis le groupe en procès, suite au suicide de deux ados en 1990), les textes de Halford ont toujours eu plusieurs sens. Redeemer of souls ("le rédempteur des âmes") ne fait pas exception, et lance le cri désespéré d’un homme face à l’âge qui s’avance et sa volonté et celle d’un groupe de tromper la retraite de la mort en continuant la musique, en n’abandonnant jamais et en livrant son âme.

lundi 1er septembre 2014